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Revue de presse

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Toxique affaire, André Lavoie, Le Devoir, édition du 17-18 mai 2008

Peut-on trouver meilleur cobaye que soi-même? Pour les fins de son dernier documentaire, Homo toxicus, la cinéaste Carole Poliquin (Turbulences, Le Bien commun) a voulu se livrer à un jeu à la fois simple et angoissant: l'analyse détaillée de son propre sang. Tout ce qu'elle a découvert pourrait foudroyer le moins paranoïaque des hypocondriaques: du mercure, des dioxines, des pesticides, du plomb, bref, plus de 100 substances chimiques qui, même en quantités infimes, suscitent des craintes légitimes.

Liste (impressionnante) sous le bras, Carole Poliquin a interrogé de nombreux scientifiques qui, comme elle, s'inquiètent de la présence grandissante de tous ces produits -- même ceux bannis depuis plus de 30 ans, comme le DDT... -- et, surtout, de leurs effets pernicieux sur le développement humain. Elle n'a d'ailleurs pas besoin de se rendre à Bhopal, en Inde, ou aux abords de Tchernobyl, en Ukraine, pour constater les effets de toutes ces substance répandues dans l'air, vidées dans les rivières ou atterrissant dans notre assiette.

Car, voyez-vous, l'ennemi est partout et ses conquêtes sont de plus en plus visibles. Il suffit de voir la montée en flèche des cancers, des allergies, des troubles de concentration chez les enfants et des difficultés de fertilité chez les hommes pour comprendre que l'heure est grave même si tous n'ont pas ajusté leur montre. En effet, Carole Poliquin tire la sonnette d'alarme sur un phénomène préoccupant mais pointe aussi la négligence de nos gouvernements, plus ou moins soumis aux diktats des grandes compagnies, jouant trop souvent les apprentis sorciers avec des produits dont on ignore le potentiel destructeur. Car celui-ci peut éclater dans deux ou trois générations...

À ce chapitre, le Nunavik et Sarnia, en Ontario, semblent présenter de troublants microcosmes sur ce qui attend les sociétés occidentales si la valse des molécules chimiques se poursuit au même rythme endiablé. Affligés de problèmes graves de surdité, plusieurs jeunes Inuits ne comprennent leur enseignante que si celle-ci parle à travers un micro dans leur petite classe... Et dans une communauté autochtone à l'ombre des usines de la vallée chimique ontarienne, des femmes ont dressé la carte des maladies qui affligent leurs concitoyens, un portrait qui pourrait bien devenir un dangereux cliché...

La situation est grave, mais le ton de Carole Poliquin n'est pas désespéré. À l'aide de diverses techniques d'animation, elle décortique avec humour certains mécanismes physiologiques permettant de mieux saisir la nature et l'ampleur du problème. Évidemment, soucieuse, comme dans ses films précédents, de susciter une mobilisation citoyenne, elle ne cherche pas à réconforter le spectateur à tout prix: statistiques désolantes, témoignages troublants, photographies éloquentes (dont certaines de malformations génitales à la naissance), rien pour rassurer le bon peuple. Il ne semble y avoir que le porte-parole de l'Association des fabricants de produits chimiques et ceux de... Santé Canada pour verser dans le jovialisme. C'est sans aucun doute ce qui est le plus inquiétant dans Homo toxicus.


Une nouvelle espèce : Homo Toxicus, Véronique Leduc, Métro, 16 mai 2008

Du bisphénol A dans les bouteilles d'eau, des parabènes dans les cosmétiques, des phtalates dans le vinyle, du BPDE dans les appareils électroniques... Chaque jour, nous sommes exposés à une multitude de produits chimiques qui entrent dans notre organisme. C'est à cette inquiétante réalité que s'intéresse Carole Poliquin, réalisatrice engagée dans son documentaire Homo Toxicus.

Pendant plus d'un an, elle a rencontré des dixaines de chercheurs et de citoyens au Québec, au Nunavik, en Ontario et en France afin de dresser un portrait de la situation actuelle. Elle est même allée jusqu'à faire analyser son propre sang pour voir quel était le nombre de substances chimiques qu'il contenait: 110. Et c'est dans la moyenne.! "Ça reste des microgrammes, explique-t-elle, mais ce sont des microgrammes de trop."

Humains en observation

Et ces substances, même en petite quantité, sont de plus en plus associées à divers troubles de la santé plus présents qu'avant dans notre société. Cancers, allergies, problèmes respiratoires, hyperactivité, obésité, malformations et problèmes de fertilité n'en sont que quelques exemples...

"Je trouvais que c'était important d'établir un parallèle entre de la santé humaine et celle de la planète dans une époque où l'on parle surtout de problèmes environnementaux, explique-t-elle. Lorsque l'on questionne les experts de Santé Canada sur le sujet, ils affirment que tous les produits auxquels nous sommes exposés présentent un risque acceptable pour notre organisme. Mais d'un risque acceptable à un autre, nous sommes en train d'admettre l'intoxication progressive de tout le vivant. Et comme pour le climat, personne ne sait quand nous franchirons le point de rupture."

Problème collectif

Dans Homo toxicus, le problème principal soulevé est la déresponsabilisation du gouvernement, et plus particulièrement de Santé Canada. Même si une certaine volonté se fait sentir de la part de Santé Canada, où l'on vient par exemple de débloquer 300 M$ pour analyser 4 000 produits chimiques, la lacune soulevée par le film, c'est qu'une fois qu'un produit est déclaré toxique, le gouvernement fait des recommandations plutôt que des interdictions.

"Dans une situation comme celle-là, je ne suis pas d'accord avec le fait que ce soient les individus qui aient la responsabilité de se protéger de ces éléments nocifs. Santé Canada se dit inquiet par la situation, mais au fond, il semble qu'on fasse passer les intérêts économiques avant la santé humaine", laisse tomber Carole Poliquin.

"Je ne veux pas faire peur avec mon film, conclut la réalisatrice, mais je souhaite provoquer une conscientisation au fait qu'il y a un problème."


Une approche accessible qui n'exclut pas l'humour, Véronique Leduc, Métro, 16 mai 2008

C'est quoi? Ayant subi une analyse de sang, la cinéaste Carole Poliquin découvre que celui-ci est contaminé par diverses substances toxiques. Elle part à la rencontre de scientifiques et de Canadiens victimes, comme elle, de toxicité.

C'est comment? Consciente du caractère aride de son sujet, Carole Poliquin a opté pour une approche accessible qui n'exclut pas l'humour. Reste que le constat est alarmant, et les témoignages des victimes s'avèrent souvent troublants.


L'Homme est un poison pour l'Homme, Marjorie Marcillac, ICI, 15 au 21 mai 2008

Des saumons au mercure aux vêtements ignifugés, des bouteilles d'eau que nous têtons aux ordinateurs que nous respirons, les substances toxiques sont partout et leurs effets à long terme restent totalement inconnus. Après avoir fait analyser son sang qui véhiculait quelques 110 substances chimiques (dont du DDT, pesticide disparu depuis 30 ans), Carole Poliquin a commencé à instruire un dossier à charge. Avec la rigueur d'un détective, la réalisatrice québécoise habituée des documentaires engagés a collecté pendant un an des témoignages-chocs auprès de dizaines d'éminents chercheurs d'ici et d'ailleurs, ainsi que des populations touchées par les maladies liées à leur environnement (cancer, hyperactivité, stérilité, allergies chroniques). Le bilan est effrayant. Carole Poliquin réussit le pari d'exposer un problème grave avec clarté et humour. Si elle fait le tour du sujet de façon remarquablement exhaustive, une question reste en suspens: que va-t-on manger ce soir?


Homo Toxicus : contamination "douce", Isabelle Massé, La Presse, 15 mai 2008

Il n’existe aucune étude sur la contamination chimique des Canadiens. On peut toutefois affirmer que les allergies infantiles, l’asthme, les problèmes neurologiques et certains cancers sont à la hausse. Et plusieurs spécialistes ont de bonnes raisons de penser que les substances chimiques présentes dans l’environnement rendent l’homme plus à risque de développer des maladies ou malformations congénitales.

Le documentaire Homo Toxicus de Carole Poliquin commence par un bon flash: après une prise de sang, la réalisatrice apprend que son organisme héberge 110 contaminants à infimes doses. Elle ne devrait pas s’inquiéter, selon Santé Canada... N’empêche, elle va rencontrer résidants et experts canadiens et européens pour savoir si le fait d’être contaminée de la sorte aura éventuellement des conséquences.

Si les données et résultats sont alarmants, Homo Toxicus n’est pas alarmiste. Loin d’être une Michael Moore, la documentariste ne défonce pas de portes et ne fait pas sa grande gueule pour avancer ses théories. Tels nos corps qui absorbent des substances toxiques à très petites doses, Poliquin distille l’info et monte ses preuves doucement. Le documentaire étonne d’abord grâce aux informations livrées. Il y a un peu d’humour et d’ironie, mais sans jamais que cela agace. Une bonne enquête.


Homo Toxicus, corps en péril, Normand Provencher, Le Soleil, 28 mars 2008

Pour les besoins de son documentaire Homo Toxicus, Carole Poliquin a fait analyser son sang afin de connaître sa concentration en substances toxiques. À sa grande surprise, elle a découvert que son organisme renfermait des traces de mercure plus élevées que la moyenne.

Rien de dramatique, mais assez pour lui faire réaliser que ses cinq ou six repas hebdomadaires de poisson avaient entraîné des répercussions sur son organisme. Le mercure, ou une autre substance inconnue, était-il responsable de ses problèmes de glande thyroïde? Elle ne le saura jamais. Pour le reste, «c’est rassurant d’avoir des taux normaux de susbtances toxiques...» ironise-t-elle.

Homo Toxicus est le résultat des recherches de la documentariste pour brosser le tableau le plus vaste possible des répercussions des contaminants sur le corps humain. À travers les témoignages de plusieurs spécialistes d’ici et d’ailleurs, son film se fait l’écho inquiétant des effets sur le corps humain des 100 000 molécules chimiques disséminées dans l’environnement. Autant de pesticides, d’hormones, de métaux lourds et autres perturbateurs endocriniens dont les effets à long terme sur l’homme sont difficiles à prouver.

Carole Poliquin s’est rendue au Nunavut pour rendre compte de la forte intoxication des Inuits au BPC et au mercure. Ces concentrations comptent parmi les plus élevées au monde. La consommation de poissons contaminés est mise au banc des accusés.

«On ne le saura jamais, car chacun de nous est différent et les causes (des maladies) sont multi- factorielles», explique la cinéaste montréalaise, en entrevue au Soleil. «Chacun d’entre nous a son propre génome. C’est pour cette raison qu’il est si difficile de prouver l’effet d’une substance (sur l’éclosion d’une maladie). Les compagnies ont beau jeu en disant que si c’était leur produit le responsable, tout le monde serait malade. Or, nous ne sommes pas égaux devant l’environnement.»

Témoignages troublants

La réalisatrice a également fait un crochet dans la région de Sarnia, en Ontario, où une communauté amérindienne de la «Chemical Valley» vit entourée de raffineries et de centrales thermiques au charbon. Les effets des polluants ont entraîné chez les habitants une multitude de maladies, dont une augmentation importante des fausses couches. Fait intrigant : il naît dans cette région deux fois plus de filles que de garçons. Des observations sur des animaux démontrent d’ail leurs une hausse alarmante de spécimens affligés de problèmes du système reproducteur. Encore là, le lien de cause à effet entre ces maux et la pollution est difficile à établir noir sur blanc.

Même si la cinéaste refuse d’être alarmiste, elle n’en demeure pas moins troublée par tout ce qui lui ont raconté les médecins et autres scientifiques — «pas des deux de pique». «L’un d’eux (le Dr Michel Fournier, titulaire de la chaire de recherche en toxicologie du Canada) dit que les effets endocriniens perturbateurs dans la nature risquent de se produire chez l’humain dans la deuxième ou troisième génération. Il y a des signaux que la nature, dans son intelligence, nous envoie.»


 

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